Cats, la comédie musicale aux 9 récompenses

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Vous en avez sûrement entendu parler : la comédie musicale Cats est revenue en France. C’est au théâtre Mogador, à Paris, que la troupe se déchaîne depuis octobre et ce jusqu’à juillet.

L’histoire : une société de 22 chats de gouttière se réunit pour élire celui ou celle qui aura accès à une forme de renaissance dans une nouvelle vie. C’est notamment l’histoire de Grizabella, une chatte vieille et rejetée qui regrette le temps où elle était belle et aimée. Il faut savoir que cette comédie musicale, jouée pour la première fois à Londres en 1981, a été composée à partir d’un recueil de poèmes de Thomas Stearns Eliot. Elle possède donc un esprit très poétique, et même « abstrait et lunaire » selon la metteuse en scène française. D’après les critiques, les danseurs se meuvent véritablement sur scène à la manière de félins ; ils auraient d’ailleurs visionné longuement des vidéos de chats pour se mettre dans la peau de leur personnage. On note aussi que chaque acteur nécessite 1h30 de maquillage avant d’entrer sur scène.

Le spectacle a été depuis sa création joué dans 300 villes, traduit en 15 langues, récompensé 9 fois, et vu par 73 millions de barbra-streisand-memorytéléspectateurs. Le titre phare « Memory » a été maintes fois repris et immortalisé par Barbra Streisand. Comme dans les autres adaptations anglo-saxonnes produites par le groupe Stage Entertainment (notamment Mamma Mia qui reprenait les morceaux d’ABBA), toutes les chansons sont traduites en français. Cela reflète la volonté du groupe de s’adresser au plus grand nombre et notamment à un public familial.

La version de 2015 est bien sûr différente de celle qui avait été jouée en France en 1989. Le créateur original de Cats Andrew Lloyd Weber avait d’ailleurs dit que la version française était la pire qu’il ait vue, la qualifiant de «  dance-show un peu vulgaire avec des lumières criardes. » Cette fois, l’équipe d’Andrew Lloyd Weber participe à l’adaptation française pour s’assurer d’un rendu mystérieux et poétique. Il y a aussi de nouvelles chansons (notamment un chat rockeur qui devient un chat rappeur) et un nouveau final. Par ailleurs, on se rend compte que Grizabella a aussi bien changé depuis 1989 ; de vieille et laide ne serait-elle pas passée à relativement jeune et presque sexy?

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Bref, cette comédie musicale renoue donc avec la tradition anglo-saxonne d’un show où les chanteurs sont à la fois danseurs et comédiens, et où les chansons sont de véritables éléments de scénario. Les créations françaises ont en effet tendance à miser davantage sur la chanson : il faut qu’il y ait des tubes, il faut que ça passe à la radio… La dynamique consiste plus ou moins à enchaîner des musiques formatées pour plaire, sans que ça serve forcément le développement de l’histoire. Les musiques des grosses productions françaises du genre ressemblent souvent à n’importe quelle chanson de pop-rock qui passe sur D17 (d’ailleurs elles y passent parfois). Ainsi, même lorsque certains aspects musicaux sont spécifiques au contexte de l’histoire (par exemple des notes classiques dans le spectacle Mozart l’Opéra-rock, des consonances celtiques dans Le roi Arthur, ou orientales avec Cléopatre, la denière reine d’Egypte), c’est souvent remixé façon pop-rock. Dans Cats c’est un peu différent ; l’atmosphère générale résonne plus années 80, mais chaque chat a son univers musical en rapport avec sa personnalité. De plus, la danse a une place primordiale tout au long du spectacle.

Pour Télérama, le pari de l’adaptation de cette pièce mythique est réussi.

Références

Vanityfair, http://www.vanityfair.fr/culture/art/articles/cats-lhistoire-de-la-comedie-musicale-de-tous-les-records/28726, 2 octobre 2015 [consulté le 18 octobre 2015]

Francetvinfo, http://culturebox.francetvinfo.fr/scenes/comedie-musicale/cats-la-comedie-culte-fait-ronronner-mogador-228483, 2 octobre 2015, [consulté le 18 octobre 2015]

 

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