Le cinéma à de la suite dans les idées

Mad-Max-Storm

StarWars, jurassic Park, Indiana Jones, Alien… Il est évident que nous sommes entrés dans l’ère de la prise de risque, de l’originalité et de l’innovation… Bref vous l’auriez compris, nous sommes dans l’ère des suites cinématographiques !  On s’en gave, on s’étouffe avec et pourtant on y court à chaque fois. Bien sûr les majors hollywoodiennes ne sont pas les seules à produire de la suite à la chaîne. Le cinéma français à aussi son lot – les pathétiques Bronzés 3; Visiteurs 4; Camping 3, Boule et Bill 2 – mais vous conviendrez que cela reste minime par rapport au raz-de-marée de films américains. Concentrons-nous donc sur les majors hollywoodiennes. Pourquoi nous inondent-elles de leurs films au kilomètre ? Et surtout quels sont les ressors, outils et stratégies, utilisés pour s’assurer argent et succès à chaque sortie? 

 

Le cinéma, ce colosse aux pieds d’argile

Les majors hollywoodiennes règnent en maître sur le circuit cinématographique de beaucoup de pays et cela depuis des décennies. Leur santé semble de fer et leur hégémonie, indélogeable. Pourtant certains signes laissent à penser que la confiance qu’ils mettent dans ce système, s’étiole peu à peu.
L’arrivée d’Internet à évidemment bousculer le rapport que l’on a vis-à-vis du cinéma. On peut maintenant télécharger les films ou séries, depuis notre salon, et cela avant même que ceux-ci soient projetés au cinéma ou diffusé à la télévision. En contrepartie, le son ou l’image sont souvent mauvais et on peut s’estimer heureux lorsqu’on ne tombe pas sur une version québécoise. Alors on a la solution de la VOD ou du Streaming en flux continue. Le géant Netflix par exemple donne l’accès à un large catalogue d’oeuvre cinématographique, moyennant une somme dérisoire. Le choix est riche et la qualité sonore et visuelle est correcte. Certains films – comme Tigre et Dragons 2 – sont même diffusés en exclusivité sur la plateforme, contournant ainsi le circuit de distribution classique en évitant la case cinéma.
Les évolutions sont aussi d’ordres techniques, le matériels devenant toujours plus pointue et innovant. Afin de rentabiliser cette technologie, on augmente tout simplement le prix de la séance et on favorise les projections en version 3D, forcément plus cher, pour les blockbuster (comme ça a été le cas avec StarWars 7).

Afin de défendre sa place, le cinéma américain bascule sur un dispositif qui veut offrir du grand spectacle, du spectaculaire.  La séance doit devenir un espace unique, un espace ou la prise de recule sur les choses est impossible. L’immersion est totale, autant acoustiquement que visuellement. Alors on s’en prend certes  plein les mirettes, mais c’est souvent aux détriments de l’originalité du scénario et de sa profondeur.

Quoi de mieux que la reprise de suites déjà mythiques pour allier facilité, risques zéros et prouesses techniques ? En tout cas c’est LA grosse tendance qu’a décidé de suivre les majors hollywoodiennes depuis ces dernières années. Qu’elle est donc la bonne recette pour sortir une oeuvre prête au succès ?

 

De la suite, en voulez-vous? En voilà

Nombre d’entrées pour chaque épisode de la franchise Jurassic Park

En observant l’évolution de plusieurs suites cinématographiques, on peut remarquer un mouvement cyclique dans leur durée de vie et dans les phases par lesquelles elles passent. Le cycle commence généralement avec la sortie d’un premier opus au succès incontestable. Fort de cette réussite et de l’importante rentrée d’argent que cela génère, les autres volets sont produits dans la foulée jusqu’à l’épuisement du filon. Au fil des suites, le scénario s’appauvrit, les recettes chutent, le public se lasse et la saga boucle son histoire. Dans ce cas, il est toujours bon de laisser passer un peu de temps pour faire oublier la déception des derniers opus. Une fois que l’attente et la nostalgie du public aient bien macéré, l’annonce d’une reprise fait son petit effet.

 

On frôle certes l’indigestion de prequel, sequel, spin-off et reboot mais aux vues des recettes pharaoniques que cela génèrent, la machine ne risque pas de s’arrêter dans son élan. Star Wars : le réveil de la force, sortie en décembre dernier, à récolté plus de 2 milliards de $, pour une production à 200 millions de $. Alors non, devant tant d’argent, Disney ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Au-delà des épisodes 8 et 9 programmés pour 2017 et 2019, trois autres films dérivés sortiront, à commencer par Rogue One en 2016, un spin-off dédié à Han Solo en 2018 et un troisième long-métrage sur le chasseur de primes Boba Fett en 2020.

Comment faire du neuf avec du vieux ?

Le problème c’est que les sagas reprisent aujourd’hui sont souvent poussiéreuses et doivent être remises au gout du jour pour satisfaire le public actuel. N’ayant plus à se soucier de créer tout un univers de A à Z, l’enjeu est alors de prolonger l’histoire tout en y incorporant des références aux anciens volets. Ces ressorts sont de toutes sortes, du personnage, à la musique, en passant par un objet ou un appareil emblématique… Il faut ratisser large afin de viser un maximum de spectateurs. On multiplie les clins d’œils pour faire vibrer la corde sensible et nostalgique des premiers fans tout en touchant les plus jeunes générations avec une nouvelle histoire, des effets spéciaux et effets sonores en masse, une surabondance de scènes d’actions…

 

Rien est laissé au hasard

Le film doit quand même faire croire à une certaine profondeur dans le scénario. Il donne alors l’illusion de poser des question de fond et de vouloir pousser le spectateur à l’introspection. En réalité rien n’est laissé au hasard et chaque ficelle d’un film est construite, prévue et instrumentalisée pour que la réception se face dans un sens précis. On fait par exemple appel à la psychologie, comme Star Wars et la figure paternelle ou Alien et la dimension maternelle et on agrémente de sujets actuels et de leçon de morale comme la place de la femmes, l’écologie, l’homme et la technologie…
Prenons l’exemple de Mad Max fury road, sortie en mai 2015, 30 ans après le dernier volet. Le scénario est simple et diffère peu de ces prédécesseurs. Rien de nouveau donc sous le soleil écrasant de ce monde apocalyptique. Hormis peut-être les grands thèmes abordés dans ce 4ème volet. La guerre atomique et le manque de pétrole des premiers films (sortie en 70 durant la crise du pétrole et en période de guerre froide), laisse place aux problèmes environnementaux, sur la question du manque d’eau et de la végétation. De plus, tandis que la première saga met en avant le héros Max Rockatansky, masculin, virile, perfecto sur les épaules, Mad Max fury road met les femmes à l’honneur, avec le personnage clé de Furiosa.

 

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Assurer une bonne promotion 

Le travail ne se fait pas uniquement dans la structure du film, il peut aussi se jouer sur la communication externe. En juin 2012 Ridley Scott  revient sur le devant de la scène avec son film Prométheus. Sans se revendiquer comme le prequel d’Alien, Prométheus s’approche d’avantage du spin-off, utilisant ainsi la méthode parfaite pour flirter avec un univers et des codes visuels sans pour autant en reprendre l’histoire. Dans ce cas de figure, les personnages et références sont très discrètes voir quasiment inexistants mais le lien ce joue d’avantage sur l’ambiance et les codes couleurs. Comparons les affiche d’Alien et de Prométheus:

Affiche d'Alien - 1979

Affiche Prometheus - 2012

Dans les deux cas nous avons l’usage du slogan : « Dans l’espace personne ne vous entend crier » et  » La recherche de nos origines pourrait mener à notre fin ». Nous avons également deux visuels très sombre dans lesquels il est difficile de discerner à quoi l’objet au milieu fait référence. Enfin il y a la même sensation, l’idée que quelque chose va arriver, sans savoir quoi. On a donc la reprise des mêmes codes pour permettre aux publics d’assimiler les deux. ça incite à aller voir ce nouvel opus, affichant la promesse de retrouver les mêmes émotions éprouvées lors du premier.

 

 

parc

Dans un autre registre, on peut citer Jurassic World, sorti en juin dernier. Le film se déroule dans un tout nouveau parc d’attraction flambant neuf, à la pointe de la technologie. Dans le cadre de sa promotion, un ‘’vrai faux ‘’site internet du parc, entièrement interactif et fonctionnant à la manière de Disney land, à été crée. On peut découvrir le parc, obtenir des informations sur les dinosaures, préparer notre voyage (trajet, hébergement, billet d’entrée), comprendre le processus de création des dinosaures…  Suite aux événements qui se sont déroulés dans le film, un pop-up sur le site internet et les webcams nous montrent actuellement les difficultés de gestion que rencontre le parc… On prépare donc le terrain en amont afin d’assurer au film, un démarrage sur les chapeaux de roue et ainsi  lui permettre de passer haut la main, toutes les étapes de sa diffusion.

L’éternel recommencement…

Le succès que rencontre ces reprises de saga reflète peut-être l’envie chez les spectateurs, de retrouver des repères, des histoires connues et rassurantes. D’autant que nous sommes dans une période à l’atmosphère anxiogène. Quand la vie est terne, on s’engouffre le samedi soir dans les salles sombres pour oublier le quotidien et regarder des histoires nouvelles mais à l’univers bien connu. 

La tendance du vintage est loin d’être exclusive aux blockbusters hollywoodiens. Elle se retrouve dans plein de domaines comme la mode, la photographie, la musique, la décoration… Lorsqu’on veut être à l’affût et dans l’air du temps, il semble important de connaitre les tendances d’hier pour, bien analyser ce qui fait la mode d’aujourd’hui. 

 

 

 

 

 

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