Le CNES, une entreprise privée mais ouverte !

J’ai choisi de traiter de la communication publique dans le domaine scientifique car j’effectue mon stage à l’Observatoire de Paris. Je souhaite persévérer dans le secteur de la recherche et des sciences car je le trouve plein d’avenir et sans cesse renouvelé par de passionnantes découvertes.

2032, les institutions publiques et certaines entreprises ont franchi le pas de l’extrême transparence voire même du partage de données auparavant privées, une ouverture aux publics qui laisse un certain paradoxe.

Source : Salon du Bourget

Le CNES en 2032

Le CNES est une institution publique depuis sa création en 1961. Mais depuis, 2020, l’établissement est passé au privé. Du moins officiellement… Sous le gouvernement du président Emmanuel Macron, les institutions rattachées à l’éducation supérieure de recherche ont été progressivement invitées à rejoindre le secteur privé. Cependant, le CNES n’est pas une entreprise à 100% privée. 30 % de ses moyens financiers sont des redevances et aides publiques. L’état n’a pas voulu délaisser son centre national d’études spatiales aux mains des industriels et des commerciales sans avoir son mot à dire.

Ces dix dernières années, le mot d’ordre fut transparence. Maintenant, nous parlons davantage de partage, un terme plus positif, plus significatif et concret. Une étape supplémentaire est franchie, non seulement nous nous devons d’être transparents, mais nous devons également faire preuve de partage. Comment cela se concrétise ?

Par les biens communs mais surtout numériques ! Les brevets sont ouverts et les savoirs et connaissances se partagent. La propriété intellectuelle existe toujours, mais ce sont leur ouverture et leur accessibilité qui a changé. Le domaine de la recherche et de l’innovation technologique est, de fait, un secteur qui s’est retrouvé bouleversé.

Le service communication doit s’efforcer de prôner des valeurs de partage, une philosophie que nous avons développée et renforcée, plutôt qu’une vision de marketing et de philosophie marchande.

Cela peut sembler paradoxal, car en passant dans la sphère privée, les attitudes devraient être plus capitalistes. Après tout, la survie de l’entreprise y dépend. Mais le CNES et certaines autres institutions semblent pour l’instant avoir réussi le pari de maintenir une santé financière à l’entreprise tout en ouvrant ses portes.

 

Une bibliothèque spéciale pour le CNES

La numérisation des documents du CNES qui constituent la bibliothèque virtuelle du CNES. Source : Virtual Reality

Savoirs ouverts…

Le CNES a ouvert, il y a maintenant 2 ans, une bibliothèque. Il s’agit d’une bibliothèque virtuelle où un grand nombre d’ouvrages, de brevets et de documentations en tout genre sont disponibles. La grande majorité est en accès libre et gratuit, d’autres sont payant (à des prix tout à fait accessibles), pour des questions de propriété mais tout de même ouvert. Toujours dans cette optique de partage, les institutions de recherche ont choisi de mettre en commun leurs ressources et ainsi de montrer l’exemple.

Cela a modifié la domination des plateformes GAFA. En ouvrant un commun numérique tel que la bibliothèque du CNES et de ses partenaires dans l’éducation et la recherche (ESA, ENS, l’université Paris Nanterre…), le savoir devient accessible et la démocratie accomplie réellement son rôle.

Nous essayons de nourrir l’action à travers divers points de vue. Avec du personnel d’horizons différents notamment. Cela décloisonne les barrières des domaines professionnels et injecte un nouveau souffle à certains secteurs professionnels. Créer des conditions de dialogues et de collaboration inédites voire inattendues. Nous faisons face à une modernisation des institutions où le gouvernement s’ouvre et ou certaines entreprises engagent des chercheurs de la fonction publique pour un diffusion des savoirs plus démocratique mais également pour la richesse que peuvent apporter les hommes et femmes de domaines professionnels différents. Les frontières se réduisent et boîtes professionnelles se mixent.

La communication joue un rôle majeur dans cette transformation entre domaine public et secteur privé. Elle est même la clef dans cet environnement qui s’hybride progressivement. Les liens et les discussions se doivent être structurés et c’est les services de communications qui en sont responsables. Du moins, pour les débuts de cette nouvelle proximité entre public et privé. Car la communication est avant tout partage. C’est grâce à ce service que le CNES diffuse son savoir, ses moyens et ses capacités. Faire connaître, faire adopter et adhérer à cette vision de la science.

Ainsi, le CNES ne peut pas définitivement être nommé institution privé, ni même publique. C’est un nouveau statut qu’acquiert certains établissements à cheval entre le bien public et les profits capitalistes.

Nous avons constaté que les biens numériques partagés ne s’épuisent pas d’être consommé, au contraire, ils prennent en valeur. C’est pourquoi nous pensons que les bénéfices du partage sont nombreux et peuvent faire profiter différents acteurs de la société.

Cependant, le statut des biens numériques n’a pas trouvé sa place facilement, son identité et ses valeurs dès l’apparition massive de ceux-ci sont restés très flous et maladroit. Les démarches pour reconnaître ses biens numériques comme des biens à part entière furent parties d’un long périple.

Les méthodes et outils de travail pour la dircom’

Ces nouveaux partages ont apporté de nouveaux moyens de travailler au sein du service communication. Le but principal reste le même. Faire diffuser le travail que les hommes et femmes du CNES accomplissent au quotidien. Faire connaître et adopter ces initiatives et propositions nouvelles est un des projets qui nous tient le plus à coeur et dont sur lequel nous misons beaucoup.

Nos méthodes concrètent ne se sont pas réellement transformés. Les réseaux sociaux restent le principal outil communiquant et instantané. Cependant depuis quatre, cinq ans, le nombre de réseaux influents à diminués. La profusion de nouveaux réseaux et applications des années 2010 n’a pas persévéré. On retrouve les géants de la première époque, les autres n’ont pas résisté au temps. Facebook, Twitter, Instagram et Snapchat restent les leaders de cette oligopole sans avoir fait naître de réel concurrents depuis ces dernières années. Un trop-plein d’information s’est fait ressentir et les citoyens connectés ont préférés se concentrer sur quelques outils phares plutôt que de s’éparpiller massivement sur une multitude des réseaux et externalités. C’est un certain retour aux sources… Une manière de se soulager de ce flux envahissant de l’information instantanée.

Une façon de travailler qui s’est banalisée.  Source : Capture d’écran de Kickstarter.

Une des nouveautés, qui n’est d’ailleurs pas si nouvelle que cela, est l’utilisation maintenant banalisée du crowdfunding et des kickstaters. Nous faisons appel à des projets participatifs qui sont initiés soit par le CNES lui-même, soit par d’autres entreprises, start ups ou particuliers qui portent un projet, une idée, un système que le CNES trouve prometteur. Ainsi, des alliances, des partenariats et même des amitiés se créent, avec toujours en tête de faire naitre des projets venus de tous horizons et soutenu par des acteurs aussi variés que plein d’initiative.

Dans cette lignée de mixer les provenances, les origines pour ainsi mieux aboutir et conclurent les objectifs fixés. L’initiative qui a pris naissance dans la fin des années 2010 et qui a plus véritablement éclos dans les années 2020 tient sûrement son point de départ avec les idées du gouvernement Philippe sous la présidence d’Emmanuel Macron. Mettre les citoyens, ou plus largement, les non-professionnels au service des institutions ou du gouvernement pour apporter des idées neuves. Le but de la communication est donc de monter aux publics et en particulier aux plus jeunes que la science est bien plus accessible que ce que l’on peut penser. Bien évidemment, le domaine scientifique demande plus d’expertise que certains autres domaines, mais cela n’empêche pas une ouverture des profils et des acteurs que le CNES recherche, stimule et souhaite accompagner. C’est en gardant cet esprit que nous espérons faire évoluer plus largement et les ouvrir à cette idée.

Le CNES essaye donc de son mieux de s’ouvrir aux citoyens. La direction de la communication ne doit donc pas perdre son rythme de diffusion et de partage des informations pour mieux maintenir cet équilibre fragile.

 

L’avenir du CNES

Les hommes sur Mars pour bientôt. Une motivation pour le CNES. Source : Nationale Geographic productions

Le CNES est définitivement une institution qui se tourne vers l’avenir. Le premier voyage pour l’homme sur Mars étant prévu pour 2035. Autant dire, prévu pour demain ! C’est l’effervescence. Avec cette philosophie changeante Mars devient un but, une inspiration et une motivation quotidienne pour les agents du CNES… Représentant des disciplines de recherche pleines d’avenir et de promesses, nous nous devons d’être ouverts, accessibles, transparents et généreux. C’est en prouvant notre dévotion à l’innovation que nous trouvons des soutiens financiers considérables. Nous nous devons d’être irréprochable à ce niveau et ne montrer que notre quête de savoirs. Mettre en place le statut à part des biens communs numériques fut épineux à mettre en place. Mais nous constatons que l’avenir de se tourner de plus en plus vers la numérisation et la virtualisation des contenus et des données. Les pays forment et constituent davantage de bibliothèques numériques. C’est donc en parallèle des laboratoires et des réalisations concrètes d’engins que le CNES a ouvert tout un nouveau pan à sa structure.

 


Webographie et sources :

BARIN Jérôme. (2014, 13 Juin). Le plaidoyer anti brevet d’Elon Musk, le patron de Tesla. Silicon 2.0 Le Monde Blog. [Billet de blogue]. Repéré à URL : http://siliconvalley.blog.lemonde.fr/2014/06/13/le-plaidoyer-anti-brevets-delon-musk-le-patron-de-tesla/

BONNETAIN Florent. À l’affiche, Cynthia Fleury. Le journal CAP’COM. L’actualité du réseau de la communication publique et territoriale. N°13. Avril 2017. p 12 à 14.

FLAHAULT François. Bien communs. Juin 2013. Consulté le 28 mai. Repéré à URL : http://www.participation-et-democratie.fr/es/dico/bien-commun

KNAPPENBEGER Brain (Producteur et Réalisateur). (2014). The Internet’s Own Boy: The Story of Aaron Swartz. [Film documentaire]. USA : Luminant Media Unjustsus Films.

LABELLE Sarah, LUCCHESI Laure.“Chercheuse embarquée, une expérience de gouvernement ouvert”. Parole publique, le revue de la communication publique. N°15 Mars 2017.p.

POMMIER Eléa. Le Monde, Les décodeurs. Les ministres de la société civile sont-ils vraiment étrangers à la politique ? Consulté le 28 mai 2017. Repéré à URL :http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/05/19/les-ministres-de-la-societe-civile-sont-ils-vraiment-etrangers-a-la-politique_5130636_4355770.html#QZYrtVcLRDxH3E42.99

VERDIER Henri. “Les communs numériques, ni publics ni privés”. Parole publique, le revue de la communication publique. N°15 Mars 2017.p.

 

 

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