Les CDs ne rapportent plus d’argent, contrairement à la musique live

Depuis quelques années le secteur musical est en crise avec la baisse toujours de plus en plus importante des ventes de cd physiques. Les acteurs du secteur ont tenté de contrer le piratage avec la loi Hadopi en France et la mise en place des plateformes de téléchargements légales. A cela s’ajoute le développement des plateformes d’écoute en streaming. A savoir Deezer ou Spotify. A un moindre prix des millions de morceaux sont accessibles : par exemple, chez Spotify, il suffit de débourser 10€ pour disposer de tous les titres de la plateforme et sans connexion internet.

Afin de pallier ces pertes de revenus très importantes, il s’avère que le CD n’est plus vendu seul. Désormais, il est très commun qu’il soit accompagné de goodies comme des posters, des cartes postales, des pins ou des codes pour accéder à plus de contenu sur internet etc. On n’achète désormais plus un CD mais un coffret qui contient un CD.

De plus en plus d’objets dérivés liés à l’artiste et au groupe se vendent désormais dans les boutiques, spécialisées ou non. A la FNAC, il y a un rayon dédié aux goodies. Il y a de cela 20 ans, il n’y avait pas de produits dérivés dans les concerts, à part sans doute quelques t-shirts et accessoires.

La démonstration la plus probante est celle du passage piéton des Beatles Abbey Road à Londres. Celui-ci est devenu un lieu de pèlerinage pour tout fan qui se respecte. Si on va devant le célèbre studio d’enregistrement on voit le passage piéton, quelques mètres plus loin on peut voir une petite boutique qui ne vend que des produits dérivés des Beatles.

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Pochette de l’album Abbey Road (1969)

Aujourd’hui on n’achète plus la musique d’un artiste, car elle est facilement accessible et à un coût nul (bien que cela soit illégal), mais on préfère dépenser de l’argent pour obtenir des produits qui touchent de près ou de loin l’artiste en question. Exemple : la veste rouge que portait Michael Jackson dans le clip Thriller a été vendu 1,3 millions d’euros.

On remarque également qu’il y a une réelle envie de ne plus vivre la musique dans son salon mais de la vivre en live. Chaque année on voit des festivals naître et ceux déjà existants grossir de plus en plus. Notamment celui des Vieilles Charrues qui est le plus important de France avec une capacité de 275 000 personnes sur 4 jours. Parallèlement, les artistes proposent des tournées parfois plus longues qu’avant.
La conception d’un spectacle avec les effets visuels et de mise en scène coûte cher. Mais une tournée mondiale devant une grande audience permet de vite rentabiliser cet investissement. D’où l’envolée des prix de certains concerts…le concert des Rolling Stones l’année dernière au Stade de France aurait rapporté au groupe 10 000 000 millions de dollars avec des prix allant de 80 à 250€. Il faut noter que le concert affichait complet avec 78 000 spectateurs.

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Affiche du concert des Rolling Stones au Stade de France en 2014

C’est un signe de la volonté du public d’écouter de la musique en live et parfois à n’importe quel prix. C’est une nouvelle forme de consommation de la musique. Bien sur les concerts existent depuis très longtemps, mais auparavant c’était la vente des CDs qui rapportait de l’argent. Aujourd’hui ce sont les concerts qui remplissent ce rôle.

Liste des 5 tournées les plus lucratives de tous les temps :

1er : U2 360°Tour 736 millions de dollars
2eme : Rolling stones A bigger bang tour 558 millions de dollars
3eme : ACDC Black ice tour 441 millions de dollars
4eme : Madonna Sticky and sweet 407 millions
5eme : U2 vertigo tour 389 millions de dollars

On voit depuis à peu près 2 ans se développer les concerts au cinéma. Pour la dernière date de sa tournée de 2013, le concert de Bruce Sprinsteen était diffusé dans bons nombres de cinéma mondiaux et notamment en France à La Géode. Les cinémas UGC proposent chaque semaine des opéras. Ce dispositif est appelé Viva l’opéra ! en partenariat avec Opéra de Paris.

Il faut sans doute mettre en parallèle la baisse des vents de CDs avec la disparition des vraies emissions de musiques à la télévisions. La musique à la TV est presque aussi vieille que la musique sur CD. Et ces deux formes de consommation semblent s’essouffler. On le remarque avec la disparition des émissions des Carpentier ou de Maurice Chevalier. En effet, depuis la disparition de ces émissions, le media télévision ne semble plus être un moteur ou un vecteur de promotion pour la musique. Il existe toujours des émissions dites de « chansons » mais plus de musique dédié à la découverte de talents (les télé crochet ne sont pas des émissions de musique).

Pour conclure, la musique sur CD et à la TV sont quasiment passés de mode, paradoxalement les salles de concerts se remplissent de plus en plus et les concerts sont de plus en plus gigantesques.

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