L’intelligence artificielle au service du journalisme en 2035

Depuis des années, les médias font face à de nouveaux défis. Du web 2.0 à la réalité augmentée en passant par la robotique, toutes les professions sont concernés par ces évolutions et le journalisme n’y a pas échappé. Aujourd’hui les professionnels de l’information doivent s’adapter à cette nouvelle intelligence artificielle et numérique. Qu’en est-il du métier de journaliste ?

L’essor des algorithmes…

 

Crédit: Josh Jarman

 

Le 20 septembre 2035, un article rédigé par un algorithme programmé en collaboration avec un journaliste a remporté le prix Pulitzer dans la catégorie Journalisme. C’est une première pour la profession. Tant redoutés en 2014, les « robots-journalistes » ont inlassablement évolué et ont perfectionné leur niveau.

Conçu à l’initiale pour filtrer de grandes quantités de données brutes afin de les convertir en récit personnalisé dans un style d’écriture assez limité, leur mission ont véritablement évolué. Aujourd’hui, les robots-journalistes sont capables de recueillir des informations, faire des captures d’écran sur internet et poster eux-mêmes leur propre article en ligne. Leurs articles ont même la mention « article écrit par un robot ou une intelligence artificielle » au bas de page. Ils ont aussi la possibilité de détecter les sujets porteurs qui pourraient intéresser les lecteurs et les communiquer instantanément aux journalistes pour qu’ils puissent les rédiger.

Bien qu’aujourd’hui, les agences de presse du monde entier diffusent des milliers d’articles conçus par des algorithmes, le métier de journaliste n’est pas mort pour autant. Alors que les missions des algorithmes ont clairement évolué, ces dernières restent tout de même limitées. Les journalistes ont réussi à conserver une part de leur métier. Car en effet, quand bien même la robotique a grandement évolué ces dernières années, le robot se trouve toujours dans l’incapacité de se déplacer sur le terrain, dans l’incapacité d’accorder des interviews, et n’acquiert pas la notion de neutralité, fer de lance du métier de journaliste.

Toutes ces évolutions ont contribué à intégrer au sein des écoles de journalisme des sections informatiques afin d’apprendre aux élèves à coder. Mais cela ne démontre en aucun cas que le métier de journaliste est meurtri. Une réelle collaboration entre informaticien et journaliste existe et c’est ensemble qu’ils conçoivent des données journalistiques. Cette évolution n’a donc pas exterminé le métier de journaliste, comme on pouvait si bien l’affirmait 15 ans auparavant, dans la mesure où il existe une véritable forme de collaboration entre les robots et les journalistes. Ces derniers auront ainsi la possibilité de se pencher un peu plus sur des sujets de fond, et traiter l’actualité à la manière d’un documentaire.

…au service du slow-journalisme

 

 

Comme son nom l’indique, le « slow journalisme » prend le temps d’informer. Grâce à l’avènement des robots-journalistes, le concept du slow journalisme, qui avait vu le jour dans les années 2000 est plus que d’actualité en 2035. Très tendance dans les années 2000, ce discours « slow » a peu à peu envahi de nouveau les médias, se traduisant par des modes de production en opposition à l’immédiateté et à l’instantanéité qui caractérisaient nos sociétés en 2015. Alors que les robots-journalistes ont pris le pas sur la construction de brève, le commentaire de compétition sportive, ils laissent du temps aux journalistes de traiter des sujets de fonds sous forme de web-documentaire.

Une nouvelle manière de raconter l’information

 

 

À l’image du documentaire « Prison Valley, l’industrie de la prison », le web-documentaire est de nouveaux d’actualité au sein des rédactions désireuses de traiter des sujets de fonds, laissant les « journalistes-robots » traiter l’actualité en direct. Un tout nouveau journalisme narratif s’est développé allant à contre-courant de ce que prédisaient les spécialistes de l’époque, prônant un journalisme instantané.

La réalité virtuelle : Un nouveau média à part entière

Déjà en 2017, plusieurs chaînes d’information se sont essayé un tout nouveau modèle de journalisme, « Le journalisme immersif ». La pionnière : Nonny de la Peña, ancienne directrice générale d’Emblematic Group (anciennement, Virtual Pyedog) et chercheur à l’École Annenberg pour la communication et le journalisme à l’Université de Californie du Sud selon Wikipedia. En 2015, elle a expérimenté cette nouvelle forme immersive de journalisme, dont l’objectif était de permettre au spectateur de prendre place au sein de l’actualité, de l’histoire. Son projet le plus connu reste « Project Syria ». Cette expérience immersion est diffusée pour la première fois en janvier 2014.

ARTE 360, le Parisien 360, tous se sont ensuite essayés au documentaire immersif 360°. En 2035, toutes les rédactions disposent sans exception de la réalité virtuelle. La première a avoir pris en compte la réalité virtuelle comme véritable média était la célèbre chaîne américaine d’information en continu, CNN. Elle avait développé le journalisme immersif et avait proposé des reportages en 360°. Une unité entièrement dédiée à la réalité virtuelle avait vu le jour, ce qui donna les premiers reportages du journalisme immersif. À l’époque, couvrir certaines actualités via des vidéos immersives était une petite révolution. Ce nouveau mode de journalisme permettait de plonger le spectateur au cœur de l’action et susciter d’avantage l’empathie. Ainsi, le spectateur, en plus d’être témoin d’une actualité, avait la possibilité de vivre un événement important.

De son côté, la chaîne ABC News a plongé les spectateurs au cœur d’une parade militaire de Corée du Nord dans le cadre du projet « Inside North Korea». Diffusé pour la première fois le 10 décembre, ce documentaire a été réalisé en partenariat avec la société de réalité virtuelle Jaunt, et distribué via l’application du même nom. Alors que l’utilisateur est assis confortablement sur son canapé, celui-ci a la véritable sensation d’être en plein coeur d’une manifestation du 70ème anniversaire du Parti du travail de Corée, au beau milieu de la place Kim II-sung. 

 

Inside North Korea VR | ABC News #360Video

Considéré en 2016 comme une simple gadget visuel, la Réalité virtuelle fait partie intégrante des nouveaux médias. En effet, il a fallu de nombreuses années à la radio, la télévision ou l’ordinateur pour se démocratiser et être présent dans tous les foyers. Interactivité, personnalisation, mobilité, immersion, la réalité virtuelle répond au besoin d’une époque en pleine mutation. La réalité virtuelle est le seul média qui place l’utilisateur au centre, lui donnant ainsi la possibilité de contrôler, diriger son champ de vision, choisissant ce qu’il veut regarder.

Dans le monde de la réalité virtuelle, le potentiel de l’empathie est accentué. L’actualité est vécue par le spectateur ce qui provoque de l’émotion, de l’empathie comme aucun autre média. Les sujets réalisés en 360° sont très puissants en sensation, car ils permettent une immersion totale du spectateur, il propose un effet une présence intense. L’impression de vivre un événement réel, car le spectateur n’est pas séparé par un écran ou une télé.

Dans les années 2000, les téléspectateurs étaient déjà confrontés à ce type de « journalisme sensationnel ». Les chaînes d’information en continu, en quête d’audimat, étaient dans une course au scoop, entrainant ainsi la publication d’informations dont les sources n’étaient pas toujours fiables et vérifiées. De plus, la recherche du sensationnel était omniprésente. Pour capter l’attention des téléspectateurs, les médias ont très vite fait appel au sensationnel et aux images chocs. Mais, ce journalisme d’immersion repose sur l’idée qu’avec plus d’empathie, nous sommes capables de mieux comprendre l’information. Or, faire ressentir l’émotion n’a pas pour finalité de faire comprendre le monde. Le journaliste doit l’expliquer, le distancer et mettre l’information dans le contexte. C’est pour cette raison, que le journaliste a développé une toute nouvelle façon de raconter l’information sans pour autant la dénaturer.

Si nous remontons 20 ans en arrière, de nombreux médias, surtout les médias français, étaient affolés de voir la réalité virtuelle s’approprier l’univers journalistique. Or, notre monde a évolué, et nous devons nous adapter aux changements. Il a été très difficile pour les journalistes de s’adapter aux changements, et d’intégrer une nouvelle sémantique, un nouveau langage.

Toutes ces mutations ont fait l’objet d’attention et de critique. À l’image de la télévision, d’internet ou encore des smartphones, l’intelligence virtuelle a été accusée de couper notre lien avec le réel, jusqu’à ce qu’elle devienne notre réalité.

 

Bibliographie

Articles en ligne

 

  • ROCHE Sophie, (3 Mars 2017), « Le journalisme : vers une intelligence artificielle ? », arte.fr, Repéré à
    http://future.arte.tv/fr/le-journalisme-vers-une-intelligence-artificielle

 

 

 

 

  • GIZARD Dakota, (11 juin 2016), « Journalisme 360° : une réalité (virtuelle) bientôt inévitable », horizonsmediatiques.fr, Repéré à
    https://horizonsmediatiques.fr/2016/06/journalisme-360-une-realite-virtuelle-bientot-inevitable/

 

 

 

Revues

 

 

 

 

 

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