Mode et Entertainment : une alliance qui a bon goût

De Dynasty à Gossip Girl

De Dynasty à Gossip Girl

 

Glamours et excitants, le monde de la mode et celui du 7ème art sont de véritables usines à fantasmes qui animent notre quotidien. Évoluant parallèlement au fil de l’histoire et des tendances, ces deux univers similaires sous bien des points, partagent une passion commune pour l’esthétisme et son renouveau. Et bien qu’ils aient toujours ouvertement flirté, en s’inspirant mutuellement, on observe depuis quelques années un croisement plus marqué entre eux, qu’il s’exprime sur le petit écran, au cinéma ou sur les podiums. Dans le contexte actuel d’une société de plus en plus superficielle, hyper informée et connectée, l’alliance de ces deux industries fait recette.

 

Entertainment is the new black

Inscrits dans un marché hyperconcurrentiel et dynamique, les créateurs ont bien compris que pour marquer les esprits, au-delà de l’insolite, il leur fallait exploiter les thématiques en vogue pour faire vendre. Véritables chasseurs de tendances, ils s’inspirent aujourd’hui très largement des produits du divertissement. En 2010 par exemple, s’est dessiné un mouvement futuriste suite aux sorties de blockbusters tels que Star Wars: The Clone Wars (2008), Avatar (2009) ou encore Star Trek (2009).

 

De gauche à droite: que Star Wars: The Clone Wars (2008), Avatar (2009), Star Trek (2009).

De gauche à droite: que Star Wars: The Clone Wars (2008), Avatar (2009), Star Trek (2009).

 

La tendance a donc ensuite été propulsée sur les podiums par le designer Alexander McQueen à travers sa collection « Plato’s Atlantis » présentée pour la saison Printemps/Été 2010. Entre science-fiction et fantastique, les mannequins mi-Padmé Amidala, mi-Jar Jar Binks, portent des tenues extravagantes, avant-gardistes, presque bling-bling version galactique. Animé par une véritable envie de faire le show le designer précise dans une interview donnée à CNN, que le show d’une dizaine de minutes, sera le premier retransmis en streaming live. Véritable succès marketing, le designer fait l’unanimité, notamment grâce au soutien de la chanteuse pop Lady Gaga, qui n’a pas hésité à arborer ses tenues.

 

Suivant la tendance, plusieurs autres maisons de coutures ont à leur tour embarqué pour l’espace : Balenciaga, Thierry Mugler, Rick Owens, ou encore Chanel, elles ont toutes enchainé les références à Star Wars ou Blade Runner, à travers des imprimés « voie lactée », des impressions métal ou encore des combinaisons aux allures de tenues d’astronautes.

Défilés: Runway: Balenciaga, Thierry Mugler, Rick Owens, et Chanel.

Défilés: Runway: Balenciaga, Thierry Mugler, Rick Owens, et Chanel.

 

 

Télé-Vitrine

Les créateurs ne se limitent pas qu’aux salles obscures pour trouver l’inspiration. Également conscient du poids d’un média tel que la télévision, touchant une cible plus large au quotidien, les séries les plus fashions et aux meilleures audiences représentent elles aussi des valeurs sures pour les marques. De Dynasty à Gossip Girl en passant par Sex and the City, les costumes de nos personnages préférés restent souvent gravés dans nos esprits autant sinon plus, que leurs histoires. Dernièrement c’est le phénomène Mad Men qui s’est emparé des défilés, ramenant ainsi la mode du rétro au gout du jour. 

 

Lancée en 2007, l’intrigue se déroule dans le contexte du New-York des années 60 en plein rayonnement économique et révolution sexuelle. Admirée tant pour son authenticité historique que son style visuel et vestimentaire minutieusement travaillée, la série est devenue une référence en matière de mode et a influencé de nombreux créateurs dès l’année de son lancement. Surfant sur la vague du rétro, le designer Tom Ford a sorti en 2009 sa propre collection de prêt-à-porter aux inspirations rétro et un brin sexistes, affichant des mâles tirés à quatre épingles. L’année suivante il fait lui aussi son cinéma et sort son propre film A Single Man, dont l’histoire se déroule une fois encore dans une Amérique des années 60. La vague Mad Men s’est ensuite répandu chez Miu Miu, Oscar dela Renta, Chole, Louis Vuitton, ou encore Prada cultivant le fantasme des sixties à travers des silhouettes à la taille ceinturée, la poitrine corsetée et les avant-bras gantés.

 

 

Défilés: Miu Miu, Oscar dela Renta, Chole, Louis Vuitton, et Prada.

Défilés: Miu Miu, Oscar dela Renta, Chole, Louis Vuitton, et Prada.

 

 

Du prêt-à-liker

Ces choix influencés par l’Entertainment sont certes des directions artistiques, mais ils n’en sont pas moins d’excellent moyen de s’assurer d’un succès commercial grâce aux communautés de fans qu’elles peuvent toucher. Dis-moi ce que tu portes je te dirais ce que tu regardes, telle serait la devise des fidèles prêts à payer le prix fort pour se vêtir à l’image de leurs héros. À l’ère du streaming et des hashtags, les productions télévisuelles ont bien compris qu’elles pouvaient en tirer profit. Suivant la logique de la commercialisation des bandes-son, la tendance est désormais aux collections capsules qui représente désormais un véritable business de la télévision. C’est ainsi qu’en 2011 Jane Bryant, costume designer de la série Mad Men, a collaboré avec Banana Republic et Brooks Brothers pour produire plusieurs collections capsule au nom de la série.

 

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Rencontrant un véritable succès auprès des fans, le Guardian inventera en 2010 le néologisme “madmenalaria” pour désigner l’obsession de fans à vouloir s’habiller et se coiffer à l’image de la série. Il n’y a qu’à faire un tour sur les réseaux sociaux pour se convaincre de l’ampleur du phénomène.

Plus récemment, ce sont les héroïnes de Scandal et Empire qui se sont faites muses de ligne de vêtements. Profitant de la notoriété de la série Empire, la Fox lancé une boutique en ligne de vêtements et accessoires inspirés de la série.

S’inspirant mutuellement, mode et divertissement n’ont donc pas fini de faire vendre.

 

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